Non à cette catastrophe écologique amorcée !

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Lettre ouverte à Madame Ségolène Royale, Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des  Relations internationales sur le climat.

Simples citoyennes et citoyens de ce pays, nous sommes soucieux des bonnes pratiques pour tendre vers un meilleur environnement mais aussi inquiets des actions de grande envergure, annoncées ou qui sont menées sur le terrain sans informations sur les études d’impact qui ont pu être menées.
Ainsi, nous attirons votre attention sur un appel à projet diffusé par le Bassin Adour Garonne qui annonce comme seul objectif la destruction de 1400 chaussées, monuments ancestraux au rôle très important pour la vie de nos rivières. Cet appel à destruction n’est pas motivé scientifiquement et s’accompagne d’une promesse de financement pour ceux qui acceptent cette destruction de grande envergure par vos services.

Nous sollicitons votre bienveillance

> pour faire retirer immédiatement cet appel qui incite les propriétaires de ces ouvrages à se partager une enveloppe de 5 000 000 d’euros s’ils acceptent que vos services détruisent leur bien, ce qui laisse à comprendre que si ils n’acceptent pas les travaux seront à leur charge.

> pour faire arrêter toute destruction d’ouvrages compte tenu qu’aucune étude scientifique, ni d’impact n’a été portée à notre connaissance pour nous prouver que ces destructions sont sans danger pour l’avenir de notre territoire français.

En effet, la destruction de ces 1400 ouvrages pour le Bassin Adour Garonne, comme toutes celles que votre ministère a programmé dans d’autres bassins va provoquer, à notre avis et selon notre bon sens, la plus grande catastrophe écologique avec :

> 1­ des impacts négatifs sur l’environnement

a) sur l’écoulement de l’eau.
• amenuisement drastique du volume d’eau circulant dans les rivières
• érosion favorisée par l’accélération du flux des rivières en périodes de crues.
• capacité érosive accrue des rivières et déstructuration des berges avec chute d’arbres.
• colmatage des basses vallées des fleuves et grandes rivières par la perte de régulation du transit des
sédiments par les chaussées.

b) sur les écosystèmes aquatiques et la destruction d’écosystèmes rares, havres de fraîcheur en été, qui permettent la vie (plantes, poissons, mammifères, humains) au sein de nos campagnes et de nos villes.

• réchauffement accru de l’eau de la rivière réduite à un écoulement de faible épaisseur et rendant la vie impossible.

> 2­ des impacts négatifs sur la sécurité civile des villes et campagnes.

• destruction de masses d’eau stratégiques en période de sécheresse pour la sécurité civile incendie ;
maisons, bâtiments agricoles, forêts, etc.
• risque d’inondation accru pour certaines villes de piémont et de plaine.
• abaissement et destruction irrémédiable des nappes fluviales associées aux rivières.
• destruction de masses d’eau stratégiques et militaires, en période de sécheresse pour l’eau potable.
• mise en danger des ponts publics, par affouillement et dégagement des fondations.

> 3­ des impacts négatifs sur l’économie.

a) les biens immobiliers.

• destruction d’un potentiel d’énergie renouvelable
• dépréciation financière totale et définitive des moulins et usines hydrauliques qui n’ont plus aucune valeur économique
• dépréciation financière du patrimoine immobilier, historique, traditionnel avec déstabilisation par assèchement des fondations et abaissement du niveau de la nappe alluviale.

b) l’économie du tourisme, des loisirs et des activités

• destruction de nombreux lieux touristiques utilisés pour la pratique de canoë et de baignade.
• destruction du potentiel piscicole de la pêche loisir.

c) les ressources financières locales et publiques.

• destruction de nombreux emplois et disparition de commerces saisonniers.
• fortes diminutions de l’activité commerciale avec impact sur les finances publiques locales, le budget des communes, les collectivités, le budget national.

d) l’agriculture.

• destruction de masses d’eau stratégiques en période de sécheresse pour l’agriculture ; abreuvage du bétail, cultures, maraîchage, horticulture etc.

> 4­ des impacts négatifs sur le patrimoine culturel et les paysages.

• destruction d’un patrimoine hydraulique historique, archéologique, ethnologique millénaire intégré dans son environnement et l’économie locale.
• destruction d’un paysage intégré dans notre environnement depuis plus de 1200 ans.

La preuve par l’histoire
• destruction des miroirs d’eau liés aux plans d’eau des chaussées.
• destruction d’un patrimoine industriel fondateur de notre économie française moderne.

Nous vous remercions de bien vouloir prendre en compte notre inquiétude et de bien vouloir repenser les moyens pour atteindre la bonne qualité des eaux en s’entourant de tous les paramètres pour éviter le pire, sachant que la Directive Européenne n’a jamais demandé la destruction d’ouvrages.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des Relations internationales sur le climat, l’expression de notre considération distinguées.